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Obligés de rebrousser chemin

Depuis le début du mois, la super-clinique MaClinique Lebourgneuf ferme à l’occasion « temporairement » les portes de son urgence mineure – là où elle accueille les patients orphelins, notamment – quand le délai d’attente pour être évalué par une infirmière dépasse les deux heures.

Vers 9 h 30 jeudi, Hugo, un père de famille de Québec dont nous tairons le nom de famille à sa demande, est resté bouche bée quand il s’est buté à des portes barrées à l’entrée de l’urgence mineure de la super-clinique du boulevard Lebourgneuf, à Québec, pour aller y rejoindre sa conjointe qui, elle, s’était inscrite à l’accueil vers 8 h 45.

Noir sur blanc, sur une petite affiche, il était écrit : « Fermé temporairement. Délai d’attente trop long. »

« Je voyais le monde revirer de bord pis dire : “Je vais aller à l’hôpital” », raconte l’homme, qui estime avoir vu « une bonne vingtaine de personnes par heure » rebrousser chemin, avant que les portes ne soient rouvertes deux heures plus tard.

Longue attente, malgré tout

« Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y a 20 patients maximum dans la salle d’attente. Ça n’appelle personne, on se demande : ils sont où les infirmières, les médecins ? », déplore Hugo, dont la conjointe a vu un médecin six heures après son arrivée.

Le couple n’était pas le seul dans cette situation. Un homme, rapporte-t-il, est sorti en colère d’un bureau de médecin, où il attendait avec sa femme un médecin depuis… 50 minutes.

« C’est pire que pire. Je regrette. Et ma blonde regrette de ne pas être allée à l’urgence », affirme celui qui s’était fait conseiller par Info-Santé (811) de se rendre à la super-clinique, après avoir été incapable d’obtenir un rendez-vous rapidement avec son médecin de famille.

« Pourquoi font-ils ça ? Est-ce que c’est pour ne pas nuire à leurs statistiques de délais ? », se questionne l’homme.

Une solution « novatrice »

À la tête de la super-clinique, Dre Chantal Guimont explique que la fermeture « temporaire » des portes, qui survient « plus d’une fois par semaine » depuis trois semaines, est une solution « novatrice » à l’essai « pour le bien-être des patients », alors que les délais d’attente pour passer par le triage sont parfois « inacceptables », en raison d’une trop grande affluence.

« Ça n’empêchera jamais quelqu’un qui a un besoin urgent de rentrer. Si la personne fait un signe à la commis, on va lui ouvrir la porte », soutient-elle, insistant sur le fait qu’une autre porte, située sur le côté, n’est jamais barrée.

« Ça ne se fait pas de gaieté de cœur. Mais si on ne le fait pas, les gens vont rentrer et ils vont aller attendre quatre, cinq ou six heures avant d’avoir une évaluation initiale par une infirmière. Trouvez-vous ça mieux ? », argue Dre Guimont, estimant que c’est de donner de « faux espoirs » aux patients que de les inscrire dans un tel contexte.

« Vous seriez surprise de voir la quantité d’individus qui, quand ils voient ça, lèvent les épaules […] et s’en vont magasiner », ajoute Dre Guimont, qui refuse que MaClinique devienne « une énième salle d’attente » à Québec.



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