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Ils s’accrochent toujours à leur île

Des irréductibles de l’île Mercier à Montréal sont déterminés à gagner contre la crue des eaux et travaillent sans relâche pour protéger les 10 maisons qui résistent encore aux inondations.

«C’est non-stop, de 7 h du matin à la noirceur, on n’arrête pas et, la nuit, on se relaie pour surveiller les pompes», lance Jean-François Avoine, vêtu en camouflage de la tête aux pieds, prêt à se battre contre mère Nature.

L’île au cœur de la rivière des Prairies est complètement isolée, car le seul pont qui la relie à l’île Bizard est interdit à la circulation depuis samedi. Les forts courants ont fragilisé sa structure, ce qui inquiète les autorités.

À bord de sa chaloupe, M. Avoine multiplie les allers-retours sur la terre ferme pour rapporter des sacs de sable, du propane, de la nourriture et des médicaments sur l’île. Pour se rendre chez lui, il doit naviguer entre les voitures submergées qui dérivent et les bornes d’incendie à peine visibles à la surface de l’eau.

Mais l’homme de 37 ans assure que, grâce à ses murets de sacs de sable et ses six pompes toujours en fonction, son sous-sol est encore sec. Sa conjointe et sa fille de 11 ans restent même encore avec lui dans la maison construite par ses parents, où il a grandi.

Autonomes

«Il a fallu qu’on prouve qu’on est autonomes, sinon [les autorités] nous auraient sortis. Ils ont vu les installations et ils ont vu que nous autres, c’est sûr qu’on tough», dit le col bleu de Pointe-Claire.

«Je leur ai dit “si vous voulez me sortir de force, amenez une bonne gang”», ajoute-t-il, déterminé à défendre les 10 maisons encore habitées sur la trentaine que compte l’île.

Les voisins s’entraident. Ils ont surélevé la station de pompage de l’île, reliée au système d’aqueduc, pour permettre à l’eau de s’évacuer plus facilement et éviter un refoulement. Ils patrouillent dans l’île pour surveiller les voleurs.

Puis, quand un résident de l’île doit abandonner sa maison à contrecœur, il donne ses sacs de sable à ceux qui tiennent encore.

Plus jamais

Au quai de l’île Bizard, Manon Pilon attendait justement un de ses voisins de l’île Mercier en bateau, lundi, pour aller apporter un macaroni au fromage aux résidents.

Son mari a travaillé nuit et jour sans relâche pour maintenir au sec la maison dont il a hérité de ses parents.

«On pensait y passer notre retraite, mais plus maintenant, je ne veux pas revivre ça», lance la femme de 51 ans, qui compte maintenant se reposer au sommet d’une montagne.

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